Thelonious Monk : Straight, No Chaser

 
Réalisateur :   Charlotte Zwering
Genre : Documentaire musical
Année : 1989
Producteurs : Bruce Ricker, Clint Eastwood, Charlotte Zwering

Personnages :  
Narrateur Samuel E. Wright
Thelonious Monk Lui même
Nellie Monk Elle même
Charlie Rouse Lui même
Teo Macero Lui même
Harry Colomby Lui même
Barry Harris Lui même
Tommy Flanagan Lui même

 

 

 

 

 

 

Le film :
Portrait de Thelonious Monk, figure légendaire du Jazz et co-fondateur du be-bop.

 Le film est monté à partir de séquences enregistrées et filmées par Michael et Christian Blackwood  lors d'une tournée effectuée en 1968. Il comprend aussi des scènes inestimables montrant Monk en coulisse. Le tout est entrecoupé de divers interviews de Monk, avec des prises qui remontent aux année 50. Dans ce film en noir et blanc Monk en  impose. Le  pardessus gris qu'il trimbale avec lui, sa barbe pointue ses couvre-chef  en font une figure qui transcende l'action. Dans tout le film on le voit  se déplacer massivement, fumant ses cigarettes et on entend sa voix grinçante. Dans certaines scènes on peut le voir danser d'une drôle de manière, en tournant sur lui même. 

Le film insiste à plusieurs reprises sur les incidents qui marquèrent la vie professionnelle du pianiste, comme par exemple dans la scène où Monk et Charlie Rouse enregistrent en studio. Lorsque l'ingénieur du son fait savoir qu'il n'a pas enregistré la prise, Monk est furieux, il arrête tout et part fumer sa cigarette dans un coin de la salle. Le film rappelle aussi par allusion que dans les années 60 Monk n'était pas encore la légende qu'il est devenue par la suite.

Dans la partie du film consacrée à la tournée européenne,  il y a en revanche des moments plus  amusants. Ainsi la scène anthologique où Monk, allongé sur le lit de sa chambre d'hotel à Copenhague, téléphone à la réception pour demander du foie de poulet :

"Say, man; you got any chicken livers?" "Umm...Ve haff chicken sahlad." "You got any regular liver?" "Regular..." "Beef liver?" "Umm...Ja, ve haff beef liffer."

De temps à autres des figures connues dans le monde du jazz font une apparition. On voit par exemple John Coltrane dans un club pendant un fugace moment. Il y a une scène dans laquelle Monk fait le clown avec la baronne Nica, celle qui fut l'amie de tant de jazzmen et  chez qui Charlie Parker connut ses derniers jours.

Certains interviews sont très touchants, en particulier ceux avec le fils de T.S Monk ou encore ceux réalisés avec son imprésario. On y apprend comment Monk a lutté contre la dépression.

Certains analystes ont reproché à ce documentaire d'avoir occulté la période be-bop, en particulier l'époque où Monk avait travaillé avec Dizzy Gilespie. C'est peut être là que le  film trouve ses limites. Il s'agit en effet d'un documentaire dans lequel on a utilisé ce qu'on avait pour monter un film sans avoir  la possibilité de suivre un vrai scénario préparé à l'avance. Le film est néanmoins extrêmement intéressant  et vaut plus qu'un détour.

La musique 

La musique est formidable.  Plusieurs des disques de Monk , dont Underground, ont été utilisés pour élaborer un montage sonore envoûtant et magique,  à la hauteur de la musique de ce génie que fut Thelonious Monk. 

 

CD de la musique du film

Ce film est cité  pour les musiciens ou créateurs suivants :  Thelonious Monk

Charlie Rouse

Tommy Flanagan

Barry Harris

Teo Macero

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